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    Les grands rôles ou quand Les Mauvais Élèves dynamitent les classiques !

    Philippe Escalier 18 mars 2019
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    © Philippe Escalier

    Ils pourraient être accusés de détournement de textes mais, au Lucernaire, Les Mauvais Élèves sont tellement brillants et drôles qu’ils sont acquittés avec les félicitations et les applaudissements du jury.

    Avec eux, il y a textes et prétextes, les très sérieux premiers servant de terreau aux délirants seconds. Le spectateur, qui dés le départ, se demande à quelle sauce il va être mangé, s’attend à être surpris : il ne sera pas déçu ! Joyeusement, il va d’étonnement en étonnement. Les plus grands, dont Shakespeare, Hugo, Rostand, Giraudoux, Anouilh ou Molière ont été mobilisés pour participer à cette ébouriffante farandole.

    © Philippe Escalier

    Faut-il bien connaître son art pour nous présenter une si folle et si brillante scène de la bataille du Cid où vous verrez Corneille par le prisme d’un jeu vidéo, pour ne citer que cet exemple là. Car, au delà d’un humour décapant, Les Mauvais Élèves démontrent leur parfaite maîtrise des grands rôles ici détournés avec brio. Les vers que vous allez entendre sont présentés comme jamais, dans un esprit totalement déjanté, où la farce le dispute au loufoque. Le but (largement atteint) est de nous faire rire, et ce, par tous moyens. Au delà des idées dont le spectacle regorge, les veines comiques exploités étant innombrables, l’exploit réside dans le fait d’être dans la folie sans jamais dépasser la ligne jaune et de laisser libre cours à des facéties qui ne ratent jamais leur but.
    Ici, l’abondance ne nuit pas au goût, tout est d’une haute tenue et chaque séquence fonctionne à merveille. Cet exercice de dérision et d’autodérision ne serait pas si réussi sans le concours de ces quatre acteurs remarquables que sont Valérian Behar-Bonnet, Élisa Benizio, Bérénice Coudy et Antoine Richard.

    Si vous pensiez voir un quatuor de débutants, (certes, ils sont jeunes), détrompez-vous, outre qu’ils savent revêtir toutes les allures et toutes les apparences, donnant l’impression d’être vingt sur scène, ils jouent comme s’ils avaient déjà trente ans de métier.

    © Philippe Escalier

    En totale symbiose, Shirley et Dino signent la mise en scène et apportent la touche de leur délire personnel, contribuant à rendre cet ensemble parfaitement achevé et véritablement unique.

    Philippe Escalier

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